Avis | Normaliser Assad est dangereux, pas seulement pour les Syriens

New York Times - 28/01
Les organismes internationaux et les nations semblent avoir pardonné, oublié ou choisi d'ignorer les raisons pour lesquelles la Syrie a été chassée de leur communauté.

Il y a moins de 10 ans, le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah Bin Zayed, s'est élevé contre le régime du président Bachar al-Assad de Syrie pour avoir massacré des civils.

En novembre, il l'a embrassé.

L'étreinte - lors de la première visite d'un responsable émirati à Damas depuis le déclenchement de la révolution syrienne - a été ressentie comme une bénédiction des atrocités du régime d'al-Assad et un coup de poignard dans le dos pour ceux d'entre nous qui ont souffert de la guerre et du déplacement.

Bien que beaucoup d'entre nous, Syriens, aient regardé l'étreinte avec un sentiment de trahison, nous n'avons pas été surpris : ce n'est que la dernière d'une vague de mesures internationales visant à réhabiliter les relations avec le régime d'al-Assad.

En juin, l'Organisation mondiale de la santé a nommé la Syrie à son conseil d'administration. Interpol a réadmis la Syrie dans son réseau en octobre. L'Algérie et l'Égypte ont fait pression pour réinviter la Syrie à devenir membre de la Ligue arabe, et d'autres nations arabes ont fait des gestes en faveur d'un rapprochement avec M. al-Assad. Et tout au long, les relations de M. al-Assad avec l'Iran et la Russie semblent s'être approfondies.

Ces organismes internationaux et ces nations semblent avoir pardonné, oublié ou choisi d'ignorer les raisons pour lesquelles la Syrie a été chassée de leur communauté. Mais ce faisant, ils normalisent les atrocités commises par ou au nom du régime de M. al-Assad et risquent d'enhardir d'autres dir...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...